« Je suis Dracula », l’imprécation, une partie du texte non joué

Domine secundum actum meum noli me iudicare nihil dignum in conspectu tuo egi ideo deprecor maiestatem tuam ut tu Deus deleas iniquitatem meam.*

Tirade de L’imprécation de Vlad:

« Nous esclaves du Seigneur et des grands seigneurs serviteurs,
Princes des terres valaques, y régnant sur toute chose
Nous, enfants téteurs de rage et d’esprit de vengeance,
Qui ont dormi où le commun répugne ou n’ose
Nous possédons grande force et multitude de corps.
Nous inspirons la crainte par actes de violence,
Mais chérissons le courage et le sang opalin.
Nous qui fumes statues dans la montagne de bitume, le lieu où le Malin,
le dixième élève, réclame glouton pour dû,
nous forma par l’occulte, guides de Scholomance.
Nous qui prenons la forme du feu follet ou loup,
Nous chevauchons le Dragon et avons fait allégeance.
Nous dresseurs de chevaux, nous comprenons les chiens.
Nous orgueilleux, rejetons de parjure qui tant de vies écourtâmes,
Entourés de prélats pour libérer notre âme,
avons spolié nos ennemis de leurs sang
et bu leur sagesse, assurant nos défenses ».

Vlad poursuit:

« Toutes ces années de captivité nous ont meurtris, nous avons souvent été fouettés par nos ravisseurs ottomans pour être têtus et grossiers. Monstre, un modèle de cruauté face au monde, je me consolais en me disant** qu’il valait « Mieux vaut régner en enfer que servir au paradis » ».

 

Texte joué:

« Dégoûtés du chemin que notre frère Radu avait choisi, ainsi que des machinations des rois chrétiens voisins, nous avons trouvé refuge dans la science des armes. Nos années de réclusion ont fait de nous un féroce ennemi des Turcs.
Puisque après la bataille de Varna la croisade chrétienne européenne fut écrasée par les Turcs, les états roumains allaient de nouveau se trouver seuls devant le Croissant de Lune, dans notre esprit nous avons échafaudé un plan atroce. Nous devions gagner à tout prix trône de Valachie. Excellents connaisseurs des mœurs et des mentalités des turcs, nous savions qu’ils ne pouvaient être tenus à l’écart du pays qu’en utilisant les instincts de la peur primaire. Nous allions être immortalisés sous la forme d’un vampire buveur de sang. Nous n’allions plus jamais faire confiance, nous n’allions plus jamais oublier une offense ou une tromperie. Nous savions que nous ne pourrons garder notre place qu’en la défendant chèrement contre tous ceux qui la convoitaient.

 

De ce fait, en nous montrant plus cruels encore que nos puissants adversaires, nous allions désorganiser leurs lignes insinuant la panique dans leur esprit. Nous allions faire en sorte qu’ils voient à travers notre patronyme le Dragon et Diable en personne.
Nous étions seuls. Nos alliances ne seront plus dorénavant les chancelants états chrétiens, mais des filles terribles du désespoir : l’Épouvante, la Terreur, l’Horreur et la Douleur ! »

 

* Seigneur, ne me jugez pas après mes actes, je n’ai fait rien qui soit digne dans vos yeux donc je prie Votre Majesté de me délivrer de mes péchés».
** John Milton dans Le Paradis perdu.